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Nancy Guide : Tourisme, Un week end à Nancy : 3) Ville Neuve et Art Nouveau

Jour 2 : Ville-Neuve et Ecole de Nancy : confrontation des époques

Attention, journée marche !

Selon l'emplacement de votre hôtel, rendez-vous plus ou moins rapidement à la place de la Croix de Fer, au croisement de la rue du XXe Corps, de la rue Saint-Georges, de la rue du Tapis Vert et de l'Île de Corse (parking le long du canal). Trouvez la porte Saint-Georges, vestige des fortifications de la ville que vous traverserez.

Littéralement écrasée par les maisons qui l'entourent, la porte Saint-Georges n'en reste pas moins intéressante. Construite de 1606 à 1619, la façade extérieure comporte au rez-de-chaussée un ordre toscan percé de trois baies. Les baies latérales ne furent ouvertes qu'en 1843.

Le fronton supporte une statue de Saint-Georges, que l'on doit à Florent Drouin. De chaque côté sont disposés deux sphinx vus de profil. Aux extrémités de l'entablement se dressent deux statues allégoriques : la guerre et la paix. Ces statues sont de Jean Richier.

La façade intérieure est, quant à elle, très simple.

La porte s'ouvrait initialement sur le faubourg menant à Dieuze. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, il fut un temps question de la raser en vue d'y laisser un passage pour le tramway. Les amis du vieux Nancy, Emile Gallé en tête, aidés par un certain Victor Hugo, s'y opposèrent fermement.

De l'autre côté de la porte, bifurquez à gauche. Au 2 de la rue Drouin, vous découvrirez la maison du peuple destinée à l'éducation des travailleurs au début du XXe siècle. Charles Keller, (1843-1914), ingénieur civil d'origine alsacienne qui milita pour la condition ouvrière, fit construire ce bâtiment Art-Nouveau inspiré de la maison du peuple de Bruxelles construite par l'architecte Paul Charbonnier. Charles Keller fit appel à Eugène Vallin pour les menuiseries dont il ne reste plus grand chose, et Victor Prouvé pour les sculptures représentant un forgeron et une allégorie de la Pensée Libre, représentant la montée en force de la classe populaire.

Continuez le long de cette rue et tournez à droite rue des Tiercelins. Vous êtes alors au coeur de la ville-neuve (XVIIIe).

Déambulez le long des rues Mably, des Chanoines ou de Montesquieu, où se dressent des hôtels particuliers. Remarquez notamment les mascarons, fort nombreux à Nancy.

Empruntez le passage sis à droite de la cathédrale, en venant de la rue de la Primatiale. Place Mgr Ruch, vous faites face à la Cathédrale que vous pourrez visiter.

Empruntez ensuite la rue Saint-Georges et continuez le long des voies du tram jusqu'au 7bis rue Saint-Georges (à droite) où vous ne pourrez pas rater le Crédit Lyonnais sis juste en face de l'arrêt du tram. Bâtiment à la façade classique quoique chargée, le Crédit Lyonnais cache son patrimoine Art Nouveau dans son hall. Plus exactement au dessus du hall : Jacques Gruber aidé de Charles Gauvillé et son atelier de maître verrier, créera pour la banque la plus grande verrière de l'Ecole de Nancy, soit 250 m² et 264 panneaux. Après une rénovation par Jacques Gruber en 1920, la verrière échappe à la destruction en 1976 grâce à l'intervention des Monuments Historiques. Elle subira une rénovation financée par le Crédit Lyonnais en 1980.

Continuez votre parcours rue Saint-Georges et prenez la première à gauche, rue Saint-Dizier. Là, l'un en face de l'autre, se dressent deux bâtiments Art-Nouveau : l'immeuble Aimé et agence de la Société Générale aux n° 42-44 et les magasins Vaxelaire et Pignot aux n° 52-57. Poursuivez votre chemin et tournez à la première à droite, place Henri Mengin (le long du marché couvert) puis à nouveau à droite, rue Raugraff , au n° 13 de laquelle ont été construits les magasins Vaxelaire.

Tournez ensuite à gauche rue Saint-Jean et suivez à nouveau la ligne du tram. Un peu plus loin sur votre droite, à l'angle de la rue Saint-Jean et de la rue Benit, vous apercevrez les magasins Génin-Louis. Construit pour pour le marchand de grains Jules Génin sous le thème du pavot somnifère, ce bâtiment est représentatif, par sa structure métallique visible, du courant rationaliste initié par Viollet-le-Duc dès 1863, et reste un exemple unique de ce type d'architecture en France. Voué à la destruction en 1976, il sera finalement classé puis restauré. Il abrite aujourd'hui un établissement bancaire.

Continuez votre chemin jusqu'à l'angle de la rue Saint-Jean et de la rue Chanzy ouvrant sur la place Maginot : L'actuelle agence BNP "Banque Renauld" est un édifice Art Nouveau construit en 1910 par Emile André et Paul Charbonnier. Juste à côté, au 7 de la rue Chanzy, se trouve la maison Huot.

Remontez la place Maginot en direction de la FNAC que vous longerez par la rue pietonne. Arrivé(s) à l'angle de cette rue et du boulevard Joffre, retournez-vous vers votre gauche : vous êtes face à l'ancien siège de l'Est Républicain, ultime témoin de l'Architecture Art-Nouveau à Nancy. Poursuivez rue Mazagran (tournez à l'angle de la rue pietonne en longeant toujours la FNAC / le Printemps) jusqu'à l'Excelsior (ancien hôtel d'Angleterre) où vous pourrez faire une pause bien méritée : je conseille tout particulièrement le chocolat chaud ou les profiterolles. Construit assez tardivement pour le mouvement Ecole de Nancy, ce bâtiment marque un retour du classicisme en ce qui concerne la façade extérieure dont seul le dernier étage s'est vu attribué quelques ornements. A l'intérieur, il en va tout autrement. Avec sa voûte surbaissée décorée de fougères, ses lustres, et son mobilier signés Majorelle, et les verrière signées Gruber, l'ensemble est une réussite du genre. L'Excelsior était voué à la destruction en 19

72, avec l'accord de l'architecte départemental des monuments historiques, et ne doit sa sauvegarde et son classement monument historique qu'à une poignée de nancéiens amoureux de leur ville, qui n'hésitèrent pas à s'adresser aux plus hautes instances pour sauver leur patrimoine.

Redescendez par la rue Henri Poincaré jusqu'au n° 40 (sur votre gauche) où vous découvrirez la Chambre de Commerce. Dans un contexte de développement, tant démographique qu'économique, les représentants de la Chambre de Commerce et la Société Industrielle de l'Est firent embellir ce bâtiment d'aspect néo-classique. Suite à un concours mené en 1905 par Antonin Daum, alors vice-président de l'Ecole de Nancy, les architectes Emile Toussaint et Louis Marchal furent chargés de la transformation de l'édifice. L'extérieur s'est vu complété de sculptures. Les fenêtres du rez-de-chaussée reçurent de vitraux particulièrement remarquables, signés Jacques Gruber. L'intérieur fut plus richement décoré, avec son mobilier, ses lustres ou ses ferronneries, signés Majorelle.

Continuez jusqu'à la place Stanislas à l'angle de laquelle vous tournerez à droite, rue des Dominicains. Sur votre droite, au n°4, vous trouverez une devanture en bois : le magasin Goudchaux (Laura Ashley fin XXe début XXIe s., racheté par le Crédit Agricole début 2004) dont la devanture est l'oeuvre d'Eugène Vallin dont seul subsiste aujourd'hui le bandeau en acajou blond décoré d'une gerbe d'ombelles. Cette décoration fait partie d'une série de 6 dont ne subsistent aujourd'hui que celle-ci et une pharmacie à Commercy. Poursuivez votre chemin, tournez à gauche rue Pierre Fourrier puis la première à droite rue Saint-Julien. Dans cette rue, à votre gauche, deux maisons Art-Nouveau sont accolées. Il s'agit au n°5 de la maison Camal, et au n°7 du Casino, immeuble construit en deux fois : en 1902 par Louis Lanternier, et en 1911 par Fernand César.

Il fait faim...

Selon votre heure de départ, il ne doit pas être loin de midi (cela vaut mieux, parce que vous ne trouverez peut-être pas à manger durant la suite du programme). Toujours en fonction de votre budget ou vos envies, toujours adresses testées par mes soins, je vous conseillerais :

Boucherie Pernot, rue Saint-Georges : ça ne paie pas de mine, mais les sandwiches y sont copieux et excellents, pour un prix tout à fait raisonnable. Plats à emporter (salades, plats chauds, etc.) Possibilité de manger et se reposer sur le parvis juste en face les jours de beau temps (et il y en a beaucoup, sisi). Pour le dessert, essayez la boulangerie de la Cathédrale à deux pas de là : pas cher, copieux, et bon.
Chez Mary, rue de la Faïencerie, pour un p'tit repas à prix sympa (moins de 10 euro).
Pasta Mano, 45 rue Saint-Dizier : pour manger une pizza ou des pâtes pour pas trop cher (comptez 10 euro par personne).
Le Marrakech, 85 rue Saint-Georges : Envie de couscous ou mieux, d'une pastilla (que je conseille vivement) ? C'est une excellente adresse. (10 à 15 euro par personne)
La Taverne d'Arbois, 21 rue Bailly : excellent restaurant franc-comtois (comptez 15 euro).

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